Intérêts de l’échographie dans le diagnostic et le suivi des pathologies thyroïdiennes

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Interview du Dr Monpeyssen pour les JFR 2010 (Esaote)

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Quelle est la place occupée par l’échographie dans l’exploration de la thyroïde ?

En  pathologie thyroïdienne,  l’échographie est devenue l’examen d’imagerie de première intention, et dans la très grande majorité des cas, sera le seul à devoir être réalisé.

Quelles sont les difficultés majeures de la méthode ?

La première est son apparente facilité, qui peut laisser croire que posséder un échographe suffit à faire de vous un bon échographiste de thyroïde.

La seconde est qu’il ne suffit pas d’être un bon échographiste pour produire un examen hautement contributif, utile au clinicien. L’échographie thyroïdienne (ET) bénéficie d’un enseignement spécifique, avec un diplôme national (DIUNE) ainsi que de formations dédiées.

Quels sont les domaines d’excellence de l’échographie thyroïdienne ?

Ils sont nombreux, et j’en choisirai quatre :
- L’étude du nodule avec les caractères prédictifs de malignité et l’échoguidage de l’aiguille de cytoponction.
- Le suivi des cancers thyroïdiens après chirurgie avec ou sans IRA thérapie, avec là encore le guidage de l’aiguille en vue de cytoponction ganglionnaire et dosage de thyroglobuline in situ.
- L’échographie thyroïdienne fonctionnelle qui fait le lien entre l’EchoDoppler (principalement pulsé) et les dysfonctions thyroïdiennes.
- L’étude précise des thyroïdes multi-nodulaires avec caractérisation de chaque nodule et report sur un schéma ad-hoc.

Enfin, j’ajouterai  la localisation des adénomes parathyroïdiens qui autorise l’accès à la chirurgie mini-invasive.

Que penser de l’élastographie thyroïdienne ?

La caractérisation du nodule thyroïdien comportait sept items, l’élastographie est le huitième (donnée retenue dans le récent « Consensus français sur la prise en charge du nodule thyroïdien »). Ce qui revient à dire qu’elle ne saurait se substituer à une échographie de qualité. Ceci étant admis, on peut dire que c’est une avancée majeure dans le la prédiction échographique de malignité d’un nodule, en particulier thyroïdien. Au plan de la méthode, il faut s’obliger à utiliser l’élastographie de contrainte à la condition qu’elle soit quantifiée, ou les ondes de cisaillements. Dans les deux cas,  de larges études multicentriques doivent venir confirmer les résultats préliminaires.

Qui est le mieux placé pour réaliser une bonne échographie thyroïdienne ?

L’ET n’est la propriété d’aucun d’entre nous. Celui ou celle qui prétend être compétent en la matière doit :
- Disposer d’un matériel récent et approprié  (sondes, échographe et matériel de reproduction)
- Avoir une solide formation d’imageur régulièrement actualisée
- Accepter de consacrer le temps nécessaire à la réalisation d’un examen rigoureux mais de faible rentabilité pécuniaire.

Dans ces conditions, il (elle) peut être radiologue, endocrinologue ou échographiste exclusif.

Comment voyez-vous l’avenir de l’ET ?

Le mois dernier, s’est tenu à Paris le quatorzième Congrès International de Thyroïdologie (ITC). On y a beaucoup parlé d’ultrasons. L’ET a maintenant la place qu’elle mérite dans le diagnostic et le suivi des thyropathies. Charge nous revient d’optimiser nos pratiques (trop d’examens ne sont hélas pas réalisés selon les  « guidelines » en vigueur et doivent être refaits)  et d’assimiler les nouvelles techniques ( Elastographie, Produits de COntraste Ultra Sonore, 3D…)